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Au Paradis, les femmes ne pètent pas

Une femme, enlevée à son époux, a été mariée de force à un combattant d’une milice islamiste. La pièce pénètre dans l’intimité quotidienne de ce couple de hasard : elle, partagée entre la peur, la résignation et le désir de vengeance, lui entre sa brutale volonté de domination et sa frustration de ne pouvoir posséder une véritable épouse toujours fuyante.

La pièce est inspirée de faits réels qui se sont déroulés en Afrique. Des combattants de la secte Boko-Haram, qui avaient épousé de force des femmes enlevées à leurs familles, reçoivent l’ordre de les tuer avant de fuir : on leur a dit qu’ils retrouveraient leurs femmes « purifiées » au Paradis. La plupart obéissent ; certains refusent et s’enfuient avec leurs épouses.

Une femme violée est coupable : pour Fanna, sa vie est finie. Elle ne se résigne pas et ne pense qu’à venger son mari qu’elle croit mort en tuant son meurtrier : celui qui se dit son époux. Echouant à mâter cette femme, Diala essaie de la mériter.

C’est une histoire qui aurait pu être une histoire d’amour dans d’autres circonstances. Elle est tissée de violence sourde et de sentiments en demi-teinte, sur une crête de fragile équilibre, toujours prêts à basculer d’un côté ou de l’autre : de la haine ou de la résignation née de l’habitude, peut-être – pourquoi pas ? – du côté d’une vague affection.
 
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