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Djon b sini don ?
un projet d'Alima Togola et Michel Beretti

 
 
Djon b sini don ? ("Qui connaît l’avenir ?" en bambara) part du vécu, réel ou imaginé, d’une jeune femme malienne, interprétée par Alima Togola, qui refuse le rôle d’épouse soumise fixé par la tradition. Jouant tous les rôles de l’ex-futur mari et de l’ex-future belle-mère aux ex-futures belles-sœurs, elle refait le procès comique de la relation entre les hommes et les femmes de son pays. Partant du vécu, le projet de Djon b sini don ?, écriture de plateau menée en collaboration avec Michel Beretti, est d’élever le spectacle à un niveau plus global : et si les liens qui freinent l’Afrique commençaient là, dans l’intimité du couple et de la famille ?

Déjà déchirée entre son refus des codes et la culpabilité qu’elle ressent, son mariage avec un Blanc l’a encore davantage séparée des siens. Mais, de l’autre côté, en France, elle s’aperçoit que sa couleur de peau la sépare de ses nouveaux concitoyens : contrairement à ce qu’affirme la devise républicaine, on exige sans cesse d’elle qu’elle soit Noire OU Française.

Jetant un regard faussement naïf sur la société française, son œil d’Africaine en dévoile les mensonges, le vieil imaginaire colonial toujours présent dans les esprits. Elle découvre aussi que ce même colonialisme imprègne encore ceux des Africains, qui préfèrent rester entre eux par crainte des comparaisons avec « les Blancs » ou par peur de perdre une identité qui se délite déjà avec le temps et la distance.

Le poids du passé fait peser sur elle et son Blanc une "tragédie des peaux" qui ravive dans leur couple les blessures des anciennes guerres coloniales. Elle n’est plus ni Africaine, ni Européenne, mais Africaine ET Européenne, "Afropéenne" selon l’expression de Leonora Miano. C’est peut-être cet entre-deux inconfortable qui sera l’avenir, au-delà de toutes les impossibles quêtes d’une identité fermée.

Djon b sini don ? est un spectacle qui intègre la vidéo (images transformées des rues de Bamako et de Paris : Papou Cissé, BlonBa), la musique (Cheik Siriman) et la danse (chorégraphie : Ali Karambé). Par la variété de ses registres, il donne aussi à la comédienne la possibilité de jouer de toute sa palette expressive, des larmes au comique, afin d’atteindre un public le plus large possible.

Les répétitions de Djon b sini don ? ont commencé en août à la Gare, café littéraire, à Bamako (Mali). Remerciements à Birama Konaré pour la mise à disposition des lieux.