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Fin des représentations de la "Légende Baoulé"

La Hyène, le Lion et l'Eléphant se rencontrent dans la savane et s'interrogent devant l'étrange comportement des humains : a-t-on jamais vu un animal tuer pour rien, même pas pour se nourrir, comme le font les hommes ? L'Eléphant qui, comme chacun sait, a de la mémoire, se souvient d'une légende entendue autrefois : Baoulé, la Légende Baoulé... Il y était question d'une reine qui sacrifiait son fils unique. Incrédulité des deux autres...

La Légende Baoulé est un conte, tiré d’une légende connue dans toute l’Afrique de l’Ouest. Elle est surtout le récit fondateur d’un peuple, les Baoulés, une des ethnies de Côte d’Ivoire.Selon la légende, à la suite d’une guerre de succession dans le royaume de son oncle, Abla Pokou doit fuir avec une partie du peuple Ashanti qui lui est fidèle. Au moment de traverser la rivière Comoé en crue, le devin annonce que la colère des eaux ne s’apaisera que lorsque les Baoulés auront sacrifié ce qu’ils ont de plus précieux. Mais il ne s’agit pas de sacrifier coqs ou bœufs, ni même bijoux d’ivoire et d’or. Ce que le peuple a de plus précieux, ce sont ses enfants…

J'ai écrit cette version de la Légende Baoulé pour la Compagnie "Deux fois rien" d'Anne Compagnon et les fameux Pataclowns Safari Fidele Baha et Hyacinthe Brika, mis en scène par Christelle Nicod dans ce beau et poétique spectacle de théâtre d'ombres, parce que ce sacrifice d'un enfant, même pour sauver un peuple qui aurait fondé son identité sur cette mort, me semblait inacceptable. Les trois animaux se sépareront sur un désaccord, mais n'est-ce pas aux petits humains de trouver la solution ?
 
La Légende Baoulé, théâtre d'ombres
 
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