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Animal !
(en cours d'écriture)

Eléments pour un synopsis...
Jeff et Sylvie vivent comme l’immense majorité des gens : ils ont un chien baptisé Georges par leur fille Elodie ; le samedi, ils vont faire leurs courses au supermarché pour la semaine ; ils font aussi comme tout le monde ou presque : ils mangent de la viande, mais pas de viande de chien. Le destin de la famille bascule le jour où Jeff perd son travail à la coutellerie. Il ne trouve d’autre travail que celui de tueur dans un abattoir industriel. Le rythme de la tuerie fixé à 60 vaches / heure l’épuise, physiquement et nerveusement. Il devient agressif, insomniaque. Leur couple bat de l’aile. Jeff est momentanément dégoûté de la viande, pas Sylvie. Ni Georges.
 
Stéphane a fait d’énormes sacrifices pour passer à l’élevage bio, mais les prix imposés par la grande distribution interdisent à sa ferme d’être rentable et l’empêchent de rembourser l’emprunt contracté auprès de sa banque. La solution décidée par sa banquière Charlotte est de développer la ferme pour que Stéphane se mette à l’élevage intensif plus rémunérateur. Que Charlotte soit végétarienne et que Stéphane connaisse toutes ses bêtes individuellement, qu’ils soient conscients tous deux de l’impact de l’élevage industriel sur l’environnement, que Charlotte ne soit pas amoureuse de Stéphane qui l’aime, rien de tout cela n’est pris en considération dans l’algorithme de cette logique financière.

Choqué par le spectacle insoutenable de l’agonie de ses bêtes, Stéphane veut demander à l’abattoir de les tuer plus « humainement ». La consigne est claire : pour que la viande soit bonne, il faut que le sang coule ; la bête ne doit être qu’étourdie, et le rythme de la chaîne d’abattage empêche qu’elle ait le temps de mourir avant qu’elle ne soit souvent démembrée vivante.

Avec Jeff, muté à la découpe depuis que son incapacité physique l’empêche de tuer, Charlotte découvre le lien érotique entre la consommation de viande, la consommation sexuelle et la mort. Le boucher a une part d’animalité qu’elle partage avec lui, tout en distinguant radicalement l’homme de l’animal par le sacrifice qu’il en fait.

Sylvie écoute Stéphane lui parler de son élevage industriel. Elle se demande si elle pourra sauver son goût pour un steak bien saignant. Georges aime toujours la viande.Jeff commence à dérailler sérieusement. Après avoir prétendu voir un homme en chapeau melon tenir un discours devant des poissons rouges, il tient à Charlotte un discours assurément fumeux sur le pouvoir de l’homme sur l’homme, fondé, affirme-t-il, sur la domination exercée sur les animaux. Charlotte, renonçant à faire jouer à Jeff le rôle du boucher nazi, s’intéresse à présent à l’intelligence et à la sensibilité des plantes.Si les plantes sont intelligentes et sensibles, se demande de son côté Stéphane, ont-elles des droits comme devraient en avoir les animaux ? Qu’a-t-on encore le droit de manger si tout le vivant est intelligent et sensible, s’interroge Sylvie, qui rêve toujours d’une côte de bœuf ? Georges regarde avec méfiance sa gamelle de soja.

Autour de la table, les quatre protagonistes débattent passionnément de l’interdiction (ou non) de priver les vaches suisses de leurs cornes, objet d’une votation passée en Suisse. Jeff est sorti de prison à laquelle il a été condamné à la suite du saccage d’une boucherie ; Charlotte a apporté plusieurs plantes qui prouvent à l’évidence leur intelligence, mais elle ne voit pas en quoi ses algorithmes financiers sont des armes de destruction mathématiques de la planète ; la mécanisation de son élevage permet à Stéphane d’éviter tout contact avec les animaux qu’il produit ; Sylvie, qui s’est remise à manger de la viande mais que sa carnivoréité met mal à l’aise, apporte le plat de résistance : c’est Georges qu’on mange ce soir en ragout. Georges paraît et se demande pourquoi les humains rient.

Animal !, en cours d'écriture, est destiné à la Cie Métamorphoses, Genève (Elidan Arzoni)
 
 
 
 
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