www.michelberetti.net
Œuvres    
Afrique, Afriques - Théâtre

Lune noire
En 1964, un simple enseignant de collège, Edward Mukuka Nkoloso, lança un étonnant programme spatial dans la jeune Zambie indépendante démunie de tout et largement analphabète. Matha Mwamba, la jeune femme qui devait être la première « Afronaute » et la première femme à être envoyée dans l’espace vers Mars, connut une célébrité mondiale avant de retourner brutalement à l’anonymat de son village, trop tôt mère et sans mari.
Avec Michel Beretti, Alima Togola a voulu porter le rêve de Matha devenu celui de l’Afrique en lui prêtant sa voix : « ce qu’ils peuvent, nous le pouvons aussi ».
 
texte : Michel Beretti
avec : Alima Togola
collaboration à la mise en scène : Géraldine Bénichou
 
production Layidou-Mali / BlonBa, avec le soutien de la Coopération française et de l’Institut français du Mali
en partenariat avec le Théâtre du Grabuge (Géraldine Bénichou) - Lyon, le Nouveau Théâtre du Huitième-Lyon, le Théâtre de Privas, le Centre National des Etudes spatiales
résidence de création au Château de Goutelas – Centre Culturel de Rencontre dans le cadre du programme de résidence Odyssée – ACCR, avec le soutien du Ministère de la Culture
création le 22 octobre 2022 à l’Institut français du Mali, Bamako
 
 
Mininka ?
Un jeune comédien malien se voit proposer par un chercheur occidental de retrouver un mystérieux manuscrit arabe ancien dans une localité où l’insécurité lui interdit d’aller lui-même. C’est l’occasion de se rendre dans sa ville natale qu’il n’a pas revue depuis des années et de présenter à sa famille la jeune femme qu’il aime et qu’il veut épouser.Sa ville, dépourvue de tout, déchirée par les conflits, n’est plus celle de son enfance. Issu de différentes communautés aujourd’hui ennemies, qui est-il ? « Mininka ? » : Où allons-nous ? La question – le nom tamasheq donné à l’origine à sa ville – Ménaka – vaut pour son pays tout entier. La jeune femme qu’il aime n’a pas été choisie par ses parents ; il est du Nord, elle est du Sud : devra-t-il renoncer à son amour et épouser la fiancée qu’on lui aura choisie ou rompre avec sa famille ? Car un Africain n’existe pas seul, indépendamment de sa lignée. La guerre décidera pour lui.
 
Le manuscrit ancien qu’il rapporte au terme d’une dangereuse quête s’avère être un faux forgé par des fanatiques religieux. Que lui reste-t-il au terme de son voyage vers le passé, hormis les ombres sur le drap tendu qui servait d’écran de cinéma quand il était enfant ? Son identité morcelée et son métier de comédien, lui que les siens traitent avec mépris de « filla kaw », raconteur d’histoires ? Mais les jeunes, lassés des slogans creux et des promesses jamais tenues, croient en la parole des poètes et des raconteurs d’histoires et attendent confusément quelque chose d’eux…
 
texte et mise en scène : Michel Beretti
avec :
Abdoul Baky Touré
Ramata Sissoko et Michel Beretti (en vidéo)
montage vidéo Daouda Cissé
régie : Oumar Sacko Kamissoko et Samuel Doumbia
création le 28 mai 2022 à l'Institut français du Mali, Bamako
coproduction Gomny Théâtre (Mali) en partenariat avec le Théâtre des Asphodèles (France), avec le soutien de l’Institut français du Mali et d’Acte 7 (Mali).
 
 
Fille de Cham
À la frontière indécise entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire, dans une bourgade perdue que traverse une route où roulent les camions, vit Malika, une veuve pauvre entre les pauvres, persécutée et moquée par les autres habitants. Elle héberge Aïssatou, migrante clandestine venue du Sud, encore plus misérable qu’elle, qu’elle exploite et maltraite. Du moins a-t-elle donné un toit à cette « Africaine » qu’elle a trouvée dans la rue, meurtrie et victime d’un viol.
Elles sont musulmanes toutes les deux, noires toutes les deux. Pourtant Malika refuse d’être noire et traite Aïssatou avec mépris. Leur vie avec une chèvre, unique possession de la veuve, n’est pas facile : Malika, tourmentée par tout le monde, tourmente à son tour Aïssatou « l’Africaine » pour se venger des humiliations qu’elle subit ; sa victime supporte ses épreuves sans se plaindre.
Puis la cohabitation entre les deux femmes évolue peu à peu, chacune apprenant à comprendre l’autre, chacune apprenant de l’autre et lui venant en aide, goûts culinaires, relations avec les hommes, jusque dans leur vie la plus intime.
 
Chacune redonnera à l’autre le goût de vivre ; l’étrangère donnera à la native la possibilité de retrouver sa fierté et la prospérité, et, renonçant à poursuivre son voyage vers le « paradis » européen, trouvera son havre dans leur « Cafétéria du désert » : العجة النهائية قبل الصحراء (Dernière omelette avant le désert).
 
Fille de Cham traite d’un sujet toujours sensible : bien avant la traite des esclaves entre l’Afrique et le Nouveau-Monde, dès le onzième siècle, des centaines de milliers de Noirs sont déportés et asservis. Les blessures du passé sont longues à cicatriser tout comme les préjugés sont longs à disparaître. Il y a chez certains Africains du Nord un rejet violent des « Africains », bien qu’ils soient du même continent, qu’ils soient eux-mêmes noirs ou non. Ce racisme latent se manifeste au grand jour avec l’augmentation du nombre de Subsahariens bloqués dans les pays du Maghreb dans leur migration vers l’Europe.
 
texte et mise en scène : Michel Beretti
pièce écrite pour Assitan Tangara et Honorine Diama, Compagnie Anw Jigi Art (Mali).
en cours (création prévue au Mali en 2023)
 
 
Djon bé sini don ?
Une jeune femme africaine refuse le rôle d’épouse soumise et dépendante fixé par la tradition. Jouant tour à tour le rôle de ses ex-futures belles sœurs, de son ex-future belle-mère, de son ex-futur mari, elle démonte avec une réjouissante férocité le petit système d'oppression que toutes et tous entretiennent et refait le procès comique de la relation entre les hommes et les femmes de son pays. Traitée de "toubab" par sa famille parce qu’elle a épousé un Blanc, voilà qu’elle est une Noire en France où elle s’aperçoit que sa couleur de peau la sépare de ses nouveaux concitoyens. Sera-t-elle jamais à la fois Noire ET Française.
 
Djon bê sini don ? (Qui connaît l’avenir ? en langue bambara) construit un double regard de l’Afrique sur l’Occident et de l’Occident sur l’Afrique. Jetant un regard faussement naïf sur les sociétés occidentales, son œil d’Africaine en dévoile les mensonges, le vieil imaginaire colonial et les mêmes clichés toujours présents dans les esprits. Elle découvre aussi que ce même imaginaire colonial imprègne encore ceux des Africains, toujours fascinés par le mirage de la "Farançi" ou se raidissant sur une identité factice qui essentialise "le Noir". Le poids du passé fait peser sur elle et son mari blanc une "tragédie des peaux" qui ravive dans leur couple les blessures d’anciennes guerres oubliées. Si "les Noirs n’existent pas" et si sa couleur de peau continue à la ségréger, qui est-elle ? Le fils qu’elle porte sera-t-il Noir et Blanc ? Ou sa couleur de peau n’aura-t-elle plus d’importance ? Djon bê sini don ? parle de la nécessaire "déracialisation".
 
texte : Michel Beretti en collaboration avec Alima Togola
avec :
Alima Togola
mise en scène : Michel Beretti
création lumières : Yacouba Magassouba
bande son et vidéos : Mohamed Dayfour
production Complexe culturel Blonba (Mali)
une résidence de création au Théâtre de l'Arlequin, Morsang/Orge (direction : Jean-Louis Sagot-Duvauroux) a été rendue possible en 2018 grâce à l'invitation des Écrivains Associés du Théâtre (Philippe Touzet, président)
création le 20 avril 2018 au Complexe culturel BlonBa
représentations au Mouso Kunda (Musée de la Femme, Bamako), à l'Institut français du Mali, 2018, au Théâtre Expression 7, Limoges, en partenariat avec les Zébrures d'Automne - Francophonies en Limousin, 2019, au Festival des Réalités, Sikasso (Mali).
tournée régionale dans les Instituts français d'Afrique : Brazzaville, Pointe-Noire, 2020 ; Lomé, Ouagadougou, Dakar, Saint-Louis, 2021 ; Cotonou, Ouidah, 2022.
 
 
Conversation sur le rivage du monde
Dans une grande ville des États-Unis d’Amérique, un homme et une femme se rencontrent et se séparent. Pour s’abriter de l’averse, une jeune femme entre au hasard dans le premier café venu où officie un serveur en attente de clients. Tous deux sont Noirs : rien d’étonnant aux États-Unis… La conversation s’engage, tissée de faux-semblants et de mensonges. Tous deux s’inventent des vies imaginaires, jusqu’à ce que chacun se trouve contraint par l’autre d’avouer qu’il raconte, se raconte des histoires. Ils découvrent qu’ils sont tous deux Africains, tous deux clandestins, et se confient leurs aventures : leur invraisemblable périple, pourtant plus vrai que tous leurs contes, elle pour retrouver son mari qui n’a plus donné signe de vie depuis deux ans, lui pour entrer dans le rêve américain. A l’issue de cette conversation sur le rivage du monde, incapables de réunir leurs deux solitudes, leurs blessures sont trop à vif, ils se quittent et se perdent dans la ville immense.
 
texte : Michel Beretti
avec :
Mama Koné (Ayélé Keïta)
Koami Vignon (Abdoulaye Boubakar)
mise en scène : Amandine Sagnès
chorégraphie : Jean Kassim Dambélé
administration : Rose Kadi Keïta
coproduction : Compagnie Côté-Court, Bamako / Institut Français du Mali
création à l'Institut Français le 8 mai 2015
 
Digné dankandala Baro, version en langue bambara : représentations en région au Mali, tournée soutenue par la Coopération suisse, avec Ambaga Guindo (Abdoulaye Boubakar), 2016.
 
 
Poisson braisé
Une grande ville d’Afrique. Lindiwe rencontre par hasard Zanele qui s’est enfuie de chez son mari. L’une est une jeune femme de la ville, l’autre vient de son village ; toutes deux éprouvent le même désir qui leur fait peur pour une autre femme : sont-elles normales ? se demandent-elles. Comment ont-elles pu se laisser  « contaminer » par cette dépravation venue de l’Occident ? Elles ignorent encore que l’amour entre personnes du même sexe existait depuis longtemps chez les peuples d’Afrique, bien avant l’arrivée des missionnaires et des colons...
 
Mais quand elles auront surmonté leurs peurs et leurs préjugés, comment pourront-elles vivre cet amour dans une société fondée sur la suprématie de l’homme, qui impose à la femme le rôle d’épouse et de mère ? Elles ne pourront faire autrement que de le cacher sous les apparences de la « normalité ». Quand Lindiwe ne pourra plus retarder le moment de se marier, elles choisiront ensemble son mari pour continuer à s’aimer en cachette. L’obligation d’une double vie, c’est ce qu’indique cette dénomination ironique que se donnent elles-mêmes les femmes africaines qui aiment les femmes : le poisson braisé est pareil des deux côtés… Quand la famille de Lindiwe voudra laver sa « honte » dans le sang de sa propre fille, le seul choix de Zanele et Lindiwe sera-t-il entre la rentrée dans la « normalité » et l’exil ?
 
texte : Michel Beretti
avec :
Catherine Coulibaly (Lindiwé, 2019), Hafissata Coulibaly (Lindiwé, 2020),
Francky Belany (Zanele)
mise en scène : Cybelline de Souza et Ouassila Kharoune
chorégraphie : Salif Boubacar dit Speedy et Cybelline de Souza
costumes : Adja Samandoulgou
scénographie : Ouassila Kharoune
technique : Idrissa Sawadogo, assisté de Nadine Dionoupremière
 
création au Festival International de Théâtre et de Marionnettes de Ouagadougou (FITMO), octobre 2019, reprise 2020
production : Le Collectif des Sans-Nom et Théâtre au Compteur / Théâtre de l’Aube / Théâtre Soleil / La Camionnette / Goethe Institut (Ouagadougou)
 
 
Pêcheuses de Lune, comédie
Dans cette pièce, il n’est pas question des souffrances des migrants sur le chemin de l’exil. On n’y parle pas non plus de l’accueil plus ou moins favorable qui leur est réservé en Occident. Pêcheuses de Lune présente un regard décalé sur l’immigration, vue non pas depuis l’Occident mais depuis l’Afrique, d’où sont parties ces quatre femmes, qui vivent en clandestines dans la banlieue d’une grande ville européenne. Awa, Adjara, Patience, Tantie Fatou, toutes quatre clandestines, sont un petit bout d’Afrique en Europe. Elles ont une force infinie, une gaieté increvable, une joie de vivre chevillée au corps : Pêcheuses de Lune est une comédie, même si ce qui y est dit n’est pas toujours drôle.
 
Leur rêve s’est fracassé contre la réalité : la peur du contrôle de police qui révèlera leur situation de sans-papiers, l’exploitation d’employeurs sans scrupules, leurs difficultés pour réunir la petite somme d’argent qu’elles envoient chaque mois à leur famille, l’absence de solidarité entre Africains. Mais cette nuit-là, elles font la fête : elles attendent un Blanc, « le Blanc » qui épousera l’une d’elles en lui donnant enfin le titre de séjour convoité. Elles dansent, boivent, se chamaillent joyeusement, se disputent et se réconcilient. Elles dénoncent les illusions dont elles ont été victimes et qu’elles entretiennent à leur tour pour d’autres ; elles se mentent et mentent à Ouleye qui fait le petit commerce sur son marché en Afrique.
 
A cause de la musique, elles n’entendront pas venir leur invité. Le matin viendra, avec le retour à leur triste réalité quotidienne. Mais quelque chose aura changé : l’une d’elles décidera de rentrer dans son pays et d’y exercer le métier d’infirmière qu’elle a appris dans la maison de retraite où elle travaille. Avec son diplôme de Droit, Adjara continuera à se prostituer, car s’il faut partir, dit-elle, il vaut mieux partir sans illusions. Résignée, Patience continuera pour survivre de faire ses multiples petits métiers au noir, tandis que Tantie Fatou continuera à dialoguer avec les défunts qui peuplent son appartement, abandonnés par les nouveaux migrants africains qui préfèrent oublier de nourrir leurs esprits.
 
texte : Michel Beretti
avec :
Maïmouna Diarra (Tantie Fatou)
Orokia Zida (Adjara)
Thérèse N'Diaye (Patience)
Olili Armelle Renée Zako (Awa)
nn (Ouleye, vidéo)
mise en scène : Mama Koné
chorégraphie : Fatoumata Bagayoko
régie : Yacouba Magassouba
 
création à l'Institut français du Mali le 14 décembre 2018, représentations au complexe culturel BlonBa etc
commande et production de la Compagnie Côté-Court
 
 
Au Paradis, les femmes ne pètent pas
Mars 2015. Des combattants de la secte Boko Haram, qui avaient épousé de force des femmes enlevées à leurs familles, reçoivent l’ordre de les tuer avant de fuir devant l’avancée des troupes gouvernementales : leurs chefs leur ont dit qu’ils retrouveraient leurs femmes « purifiées » au Paradis… La plupart obéissent, certains refusent et s’enfuient avec leurs épouses…
 
Au Paradis, les femmes ne pètent pas imagine ce qui peut se passer au quotidien entre un homme et une femme qu’unit ce mariage forcé, entre dans l’intimité de ce couple de hasard : elle, partagée entre la peur, la résignation et le désir de vengeance, lui entre sa brutale volonté de domination et sa frustration de ne pouvoir posséder une véritable épouse toujours fuyante.
 
Une femme violée est coupable : pour Fanna, sa vie est finie. Elle ne se résigne pas et ne pense qu’à venger son mari qu’elle croit mort en tuant son meurtrier : celui qui se dit son époux. Echouant à mâter cette femme rebelle, Ousmane essaie finalement de la mériter. C’est une histoire tissée de violence sourde et de sentiments contradictoires, sur une crête de fragile équilibre, toujours sur le point de basculer d’un côté ou de l’autre : de la haine ou de la résignation née de l’habitude, ou peut-être – pourquoi pas ? – du côté d'un respect mutuel, ou d’une vague affection.
 
texte et mise en scène : Michel Beretti
avec :
Jeanne Diama (Fanna)
Faly Niame Traoré (Diala)
scénographie : Léa Char
 
production Theatri Kanu
création en décembre 2018 au Palais de la Culture de Bamako (Mali), 1er Prix des Journées théâtrales de Guimba National
 
première lecture publique de la pièce par Mariusca Rhitty Moukengué (Fanna) et Harvey Massamba (Diala) au Festival Mantsina-sur-Scène (direction Sylvie Diclo-Pomos), Brazzaville (Congo), décembre 2016.
première création scénique au Conservatoire Balla Fasséké Kouyaté de Bamako en juillet 2016, avec Assa Diawara Konaré (Fanna) et Aboubacar S. Ouattara (Diala), mise en scène Assa Diawara Konaré pour son travail de diplôme.
 
après un atelier dirigé par Joël Amah Ajavon avec Michael Todego (Diala) et Adjaratou Yerima (Fanna) à Lomé, Au Paradis, les femmes ne pètent pas a été présenté une nouvelle fois en janvier 2018 à l'Institut français de Parakou (Bénin) par Hafissou Sogotedji (Diala) et Elo Martine Noanti (Fanna) dans une mise en scène de Nathalie Hounvo-Yekpé, Méchac Adjaho (musique), Yannic Amoussou (technique) avant d'être joué dans le cadre de "Tous au FITHEB" en août 2018.
 
 
En couple
"En couple", c'est la mention qu'on trouve sur Facebook, avec "Célibataire", "Marié", "Divorcé" et… "C'est compliqué". Voici un couple, donc, de jeunes trentenaires africains, deux jeunes gens qui commencent à sentir le passage du temps sur leur relation plus tout à fait comme au début, qui s'en inquiètent et ne savent que faire pour y remédier. Cet ennui qui les englue peu à peu les pousse à s'interroger sur la place de chacun dans leur ménage : il n'est pas facile pour un homme de porter une bassine d'eau sur la tête sans la renverser, mais que son homme porte une bassine d'eau dans la cour fait venir la honte sur le visage de l’épouse. Pourquoi n'a-t-elle pas changé la mention "Célibataire" pour "En couple" sur sa page Facebook ? Un mari d'aujourd'hui a-t-il le droit d'exiger de sa femme son mot de passe ? proteste-t-elle. Les petits agacements du quotidien (la souris qui a traversé la chambre est-elle venue du haut du mur ou du bas ? Grave débat qui conduit les deux entêtés au commissariat de police) cèdent la place aux affrontements, et le désir amoureux à celui de dominer l'autre. La comédie conjugale pourrait tourner à l'aigre...
 
texte : Michel Beretti
avec :
Jean-Marie Ambroise Traoré (Sessi)
Honorine Diama (Ayaba)
mise en scène Hyppolitte Kanga
régie Yacouba Massagouba
son Moussa Sissoko
 
création le 8 juin 2016 à l’Institut Français du Mali, à Bamako
nombreuses représentations au Festival des Réalités, Sikasso (Mali), au Festival "Un village dans une ville" Ouagadougou (Burkina Faso) etc
production Layidou-Mali / Compagnie Danthemuz du Burkina / Institut Français de Bamako / Coopération Suisse au Mali / Acte 7 / Ville de Sikasso / Département de l'Aude / Helvetas Mali
 
 
Trop de diables sous leurs jupes
Quelque part en Afrique de l’Ouest, une cour commune où des femmes cuisinent, étendent leur linge, bavardent, plaisantent, se disputent, se confient et s’affrontent. Une dizaine de femmes, dont l’âge s’échelonne entre la soixantaine et l’adolescence, et qui ont différentes façons de concevoir l’amour et les relations avec les hommes. A la fin de l’histoire, les destins des cinq personnages principaux se séparent : Ifèdé, malgré sa position sociale élevée, ne gardera son mari que parce qu’elle le domine et qu’elle a peur de se retrouver seule. Sourou, la folle de la cour, revivant l’ancienne épopée des Amazones du Dahomey, déclarera la guerre aux hommes. Akpé continuera de mener une vie d’obéissance et de résignation, tandis que sa fille Agossi partira chercher ailleurs l’amour absolu dont elle rêve. Floris comprendra qu’une femme ne peut entretenir avec les hommes une relation d’égalité que si elle conquiert son indépendance au risque de la solitude.
 
texte : Michel Beretti en collaboration avec Nathalie Hounvo Yekpé
avec :
Eliane Chagas (Sourou)
Carole Lokossou (Akpé)
Nathalie Hounvo-Yekpé (Floris)
Sophie Metinhoué (Ifèdé)
Mariame Darra (Agossi)
mise en scène : Bénédicte Wenders
 
création les 13 novembre 2015 à l'Institut français du Bénin et 14 novembre au Centre culturel Artisttik Afrika, Cotonou
 
présentation d'une maquette au Théâtre du Châtelard, Ferney-Voltaire, grâce à une résidence de création offerte par la Compagnie FOR (direction Simone Audemars), décembre 2013
 
Trop de diables sous leurs jupes est publié aux Editions Plurielles, Cotonou.
 
 
Retour à Bjaieth
"Il n’existe pas de ville appelée Bjaieth. S’il en existe une, ce n’est pas la bonne."
Entre mer et désert, dans une ville blanche, aveuglante de blancheur, un étranger rumine dans sa chambre d’hôtel. Une jeune fille s’introduit dans sa vie. Elle l’enferme à clé dans sa chambre pour qu’il guérisse, dit-elle, de sa maladie, l’oblige à dire la ville, le désert, sa beauté avec des mots toujours nouveaux. Est-elle une prostituée ? Une jeune fille fantasque qui cherche l’occasion de quitter cette ville sans espoir où il ne pleut plus depuis deux ans ? Elle le sauve ; il ne la sauve pas. Elle le vole, elle lui ment, mais quand il retourne à Bjaieth, il comprend qu’il lui a volé beaucoup plus qu’elle ne lui a volé.
 
texte : Michel Beretti
avec :
Sirani Sangaré (Nadia)
Aboubacar S. Ouattara (Andrès)
mise en scène : Ababoubacar S. Ouattara
 
création le 13 juillet 2018 au Conservatoire Balla Fasséké Kouyaté de Bamako (Mali)
 
première version de Retour à Bjaieth : Déserts, pièce radiophonique.
Une ligne, tracée de toute éternité, qui va d'une ville blanche entre mer et désert où il ne pleut jamais à une ville pluvieuse dans l'Est de la France où coule une rivière à l'eau sale et boueuse. Une fille de là-bas veut suivre dans son pays cet Européen qui ne sort pas de sa chambre d'hôtel. Elle ment ; il ment. Il partira ; elle fera seule le voyage pour le rejoindre. Dans la poche de la jeune femme noyée, un petit bout de papier presque illisible : l'adresse de l'homme.
avec :
Nathalie Boulin (Nadia)
Jacques Probst (Andrès)
mise en ondes : Jean-Michel Meyer
prise de son et mixages : Luisa Nazarieff, Edith Moret
régisseur : Gilles Thibault
Déserts a été écrit en résidence d'écriture à Maisons Mainou, à Vandœuvres (Genève), enregistrement public au Théâtre du Grütli, Genève, le 22 mai 2000, première diffusion sur la Radio Suisse Romande le 27 mai 2000.
 
 
Madame Tirailleur
« Ce qu'il y a de meilleur chez le tirailleur, c'est sa femme", écrivait un officier français au début du siècle passé. Les femmes des tirailleurs sénégalais ne se contentaient pas de faire la cuisine et de s’occuper des enfants, il leur arrivait d’accompagner leurs maris sur la ligne de front et les ravitaillaient en munitions. Plusieurs sont tombées sur sur le champ de bataille et ont été citées à l'ordre de l'armée à titre posthume. Nulle exaltation patriotique chez Ouley, seulement soucieuse du bien-être de son mari : il ne mange que ce qu'elle lui prépare et ne fait pas confiance à la cuisine exotique des Blancs. N'est-elle pas une bonne épouse qui doit assurer à son mari la cuisine et le plaisir au lit ? Surtout elle a peur qu'une Blanche lui vole son Moussa... Ainsi Ouley jette sur la France, la guerre et le monde étrange des Blancs son regard faussement naïf et décalé.
 
texte : Michel Beretti
Madame Tirailleur a fait l'objet d'une première lecture par Sarah Pepe à Reims le 29 novembre 2016 dans le cadre de "l'Eté en automne" de Didier Lelong, puis a été lue par Alima Togola pendant la nouvelle édition de cette manifestation en 2017, et enregistrée à la radio Joliba FM 105.5 à Bamako (première diffusion en septembre 2020).
 
Madame Tirailleur est publié aux Editions Awoudy, Lomé, 2018.
 
 
Djon yé patroni yé?
Voilà donc Djami que ses tantes ont envoyée dans la grande ville où tout l'effraie, naïve, passive, acceptant son destin d'esclave domestique. Elle a le malheur de s'appeler Djami comme sa patronne qui exige qu'elle change son nom : elle est devenue une autre. Sa patronne, inactive, se décharge peu à peu sur elle du soin de la maison, comme cela se pratique couramment dans la réalité. Djami devient indispensable : la servante parfaite. Elle s'occupe de tout, devançant même les ordres de sa patronne qui ne peut plus se passer d'elle. Au point de remplacer sa maîtresse dans le lit de Monsieur ? La servante est devenue maîtresse. Si Djami est devenue la servante absolue, c'est peut-être pour venger sa mère morte qui a travaillé autrefois dans cette même maison et la honte de sa naissance. Elle quitte sa patronne en dépit de ses supplications. Dans la servitude, Djami a appris à devenir Djami.
 
texte : Michel Beretti
avec :
Alima Togola (Djami)
Mariam Sissoko (Djami)
première diffusion de la version radio sur Joliba FM 105.5 le 3 octobre 2020.
 
 
 
Les marguerites ne poussent pas dans le désert
adaptation de Michel Beretti, d'après le recueil de nouvelles de Birama Konaré (Editions Jamana, Mali)
Beaucoup de monde dans la salle d'attente d'un hôpital quelque part au Mali. L'attente est longue, on se parle, on raconte, on joue : cinq histoires de femmes, banales, tragiques, cruelles, ou drôles quand elles imitent les hommes dont elles se moquent, cinq destins de femmes du Mali. Mais qu'elles soient dures ou fragiles, impitoyables ou sensibles, résignées ou rebelles, elles ont l'amour de la vie chevillé au corps.
 
La première histoire est celle de Sira, une femme que son mari a tellement battue qu’elle est devenue tétraplégique, mais qui refuse pourtant de porter plainte contre lui.
Marguerite, à qui un brillant avenir de juriste était promis, se retrouve d’abord à vendre des pagnes au nom d’une solidarité familiale abusive puis, endettée à la suite du décès de son père mal soigné à l'hôpital, erre dans le désert pour émigrer clandestinement vers la France.
Alimatou a épousé un homme d’une ethnie avec laquelle toute union est interdite par la sienne. Mal acceptée par la communauté de son mari, elle va accoucher, mais il n’y a pas de voiture pour la conduire au centre de santé. Quand elle arrive enfin à l'hôpital, voilà longtemps qu'elle est morte sur la piste. Sa petite fille Mercédès survit. Subira-t-elle à son tour le même sort que sa mère ?
La jeune Bintou a été vendue et doit devenir la énième épouse d’un vieil homme riche. Trahie par son amoureux, la seule façon pour elle de rompre la chaîne est de se jeter par la fenêtre de l’hôtel où elle attend son mariage forcé. Son amie Fatou ne se résout pas à quitter l'hôpital où gît le corps de son amie...
 
texte : Michel Beretti
avec :
Maïmouna Diarra (Hawa)
Mariam Sissoko (Maïmouna)
Alima Togola (Fatou)
Mama Koné (Marguerite)
Birama Konaré (le Dr Konaré)
mise en scène : Michel Beretti et Sarafina Koné
régie : Yacouba Magassouba
 
production : Compagnie Côté-Court / Institut Français du Mali
création au Centre culturel Kadiatou Thiam, à Bamako, le 19 mars 2016 dans le cadre du premier festival "Arts-Femmes" du Mali
 
 
Karatabougou
Un Blanc, représentant d’une société multinationale, arrive dans un village au Centre du Mali, où il annonce que sa firme lointaine a loué au gouvernement des milliers d’hectares pour 1 franc symbolique. Le problème, c’est que les terres louées sont occupées par les paysans et leur village nommé Karatabougou.
 
Depuis quelque temps, les nuages s’accumulent sur Karatabougou : des djihadistes ont fermé l’école et passent de temps en temps pour vérifier la bonne observation de leurs règles absurdes qui empêchent le travail et empoisonnent les rapports entre des communautés mêlées depuis des siècles. A ces brimades, s’ajoutent l’absence des services de l’État, la corruption du juge, l’absence de perspectives d’avenir pour les jeunes, l’accaparement des terres cultivables et le changement climatique, et parfois le poids de traditions vides de sens pour la nouvelle génération.Il suffira qu’une vache pénètre dans un champ par le trou d’une clôture pour que tous se dressent contre tous et que le drame éclate : un jeune homme en tue un autre, qui se révèle être son propre frère. La capitale est loin, qui se soucie d’eux ? Beaucoup de choses seront révélées quand la vache coupable de tout ce désordre sera jugée, et acquittée, car il faudra que les villageois, cessant de rejeter la faute sur d’autres, prennent ensemble leur destin en main pour que beaucoup de petites paix se fassent avant la grande.
 
Karatabougou est une pièce de théâtre jouée en bambara, fulfulde, dogon, songhay, tamasheq, arabe, avec quelques répliques en français. Elle est un dialogue des langues dans un pays où on ne « s’entend » plus.
 
texte : Michel Beretti
avec :
Ambaga Guindo (Diallo)
Salimata Tapily (Yatimbé)
Jean-Marie Ambroise Traoré (Traoré)
Haleymatou Cissé (Mourorê)
Abdoul Baky Touré (Abdul)
Aïssa Maïga (Aïssa)
Ombotimbé Boucary (Yèro)
Mariam Sissoko (Yaboudou)
Michel Beretti (Joseph)
Alima Togola (Ouleye)
Tiéblé Traoré (le Donso ba)
Gado Poudiougou (Èdouko)
Ombotimbé Boucary (Ambaga)
Michel Beretti (le cheikh Oumar)
Sacko Fama Mademba (un jihadiste)
Waagué (Hindjaimawai, une vache sukkamaaji)
 
version radiophonique
mise en ondes : Serge E. Tine Bidabi
diffusion des 7 épisodes sur Joliba FM 105.5 début 2021
 
 
Rue 369
Dans la rue 369 à Bamako Coura, au Mali, il y a des cours familiales, et ces familles emploient des aides ménagères qu'on appelle non sans condescendance "les bonnes" ou "les 52", venues de leurs villages pour économiser l'argent de leur trousseau de mariage, ou parce qu'elles ont écouté leurs soeurs aînées soupirer : "Bamako kadi tro !" (Bamako est si doux). Certaines affirment qu'elles ne repartiront jamais pour leur village, d'autres attendent que leurs parents les rappellent quand ils auront fixé la date de leur mariage avec un homme que leur famille a choisi pour elles : " - Il te plait, ton futur mari ? - Doni (un peu)." (Rires.)
 
Le spectacle Rue 369 a été réalisé après des entretiens avec ces jeunes filles âgées de 15 à 18 ans sur leur vie : dialogues comiques entre une bonne et sa patronne, affrontements verbaux, moqueries, pensées sur leur destin inéluctable de futures épouses soumises.
 
textes et mise en scène : Michel Beretti et Alima Togola
avec :
Fatoumata Diarra, Salimata Konaté, Rokia Traoré, Malado Traoré...
chorégraphie : Daouda Kéita et Adjara Traoré
entretiens : Assitan Traoré
 
création aux « Praticables (Fabrique citoyenne d'un nouveau théâtre d'art populaire », Bamako, novembre-décembre 2018.
 
 
Popyno Masamba rentre chez lui
Parce qu’il ne se souvient plus bien si, un soir qu’il jouait La Parenthèse de sang de Sony Labou Tansi, un petit oiseau s’est perché un instant sur son doigt tendu, un vieux comédien africain entreprend un long et dangereux voyage pour rentrer chez lui. Là-bas, sans doute trouvera-t-il des témoins de cette soirée qui lui diront s’il a imaginé cette scène ou si elle s’est réellement passée. Alors il pourra se laisser glisser vers le repos. Au cours de son périple dans son pays bouleversé par les guerres civiles successives, il chemine en compagnie des morts qui marchent éternellement, il rencontre le fantôme de la jeune femme qu'il aima jadis et ne retrouve plus le chemin de sa maison. Un enfant-soldat trop tôt vieilli lui ordonne sous la menace d’une arme de lui raconter des histoires, puis lui demande de prendre son arme et de le tuer quand il sera endormi. L’enfant-soldat s’endort ; Popyno Massamba prend son arme…
 
texte : Michel Beretti
avec :
Popyno Massamba (Popyno Massamba)
mise en scène : Gérard Tolohin
 
création le 1er avril 2017 au Centre culturel Atropocodji de Dominique Zinkpé à Abomey-Calavi, Bénin. Reprise au "Fil bleu", Lomé (Togo), au Centre Mytro Nunya et au Goethe Institut de Lomé, puis à la Villa Karo de Grand-Popo (Bénin), avant Cotonou et Parakou.
Quelques mois après la création de ce spectacle où il jouait son propre rôle devant un public nombreux, en décembre 2017, Popyno Massamba nous quittait...
 
 
Colère noire
Colère noire raconte la vie au jour le jour d’un comédien africain. Devenu acteur parce qu’il a vu la Vierge au théâtre de son école religieuse étant petit (!), se débattant dans les mille tracas de la vie quotidienne africaine, plus démesurées encore quand on a répondu à une vocation théâtrale déraisonnable sur ce continent, revenu de New York avec le crâne de son arrière-arrière-grand-oncle autrefois esclave, un mort insupportable qui ne lui fiche jamais la paix et qu’il doit trimbaler partout avec lui dans une valise, jusque sur la scène où il joue, amant de la maîtresse d’un ministre avec qui la pauvrette s’ennuie tandis qu’au moins lui la fait rire, témoin de choses risibles ou atroces, Anicet s’interroge : l’Afrique est-elle une tragédie, une comédie, ou une tragi-comédie ? Comment raconter l’Afrique à un public africain ? Entre se lever et mener l’épuisant combat quotidien, toujours recommencé, et la tentation de se rendormir contre les superbes fesses de la maîtresse du ministre, que fera Anicet ?
 
texte : Michel Beretti
avec :
Germain Iroko Oussou Ouedraogo (Anicet)
mise en scène : Anicet Adanzounon
création le 30 mars 2016 à l’Espace Mayton (Cotonou, Bénin) puis le 26 mai 2016 au Centre Ancrage Culture de Parakou (Bénin).
 
 
 
À lire également
Madame Tirailleur (2019)
1914, quelque part dans un village d’Afrique de l’Ouest. Ouleye est fière d’avoir épousé un tirailleur sénégalais de l’armée coloniale des Français. Mais voilà la Grande Guerre. Bravant la réprobation des femmes, Ouleye revêt l’uniforme pour suivre son mari en France sur les champs de bataille : elle a peur qu’une Blanche lui vole son mari, et n’est-elle pas une bonne épouse dont le devoir est d’assurer à son mari la cuisine et le lit ? Ainsi Ouleye va-t-elle jeter sur la France, la guerre et le monde étrange des Blancs son regard faussement naïf et décalé…
 
Alima Togola enregistre Mme Tirailleur à Joliba FM
 
"En couple" dans les Lycées de Sikasso (Mali) (2021)
"En couple" Lycees de Sikasso 2021

Créée en 2015 à Cotonou, au Bénin, En couple continue son chemin dans les Lycées de Sikasso, au Mali, où des lycéens ont choisi d'en jouer des extraits, et à l'Institut national des Arts de Bamako où la pièce a été prise comme travail de diplôme. Jean-Marie Ambroise Traoré et Honorine Diama qui l'ont déjà souvent jouée envisagent de la reprendre dans la mise en scène d'Hypolitte Kanga.
 
Fin des représentations de la "Légende Baoulé" (2021)
Le retour de l'épidémie en Europe a obligé les deux compagnies Deux Fois Rien (Suisse) et des Pataclowns (Bénin-Côte d'Ivoire) à annuler les dernières représentations de "La Légende Baoulé" prévues fin 2020. On ne verra plus ce beau spectacle d'ombres. Mais Fidèle Baha, Hyacinthe Brika, Anne Compagnon, Christelle Nicod et leurs collaborateurs ont tout de même donné 105 représentations et fait rêver 10 000 enfants pendant deux ans, en Suisse et en France, puis au Bénin, au Togo et en Côte d'Ivoire.