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Œuvres    
La Femme au ruban bleu

Dans la salle Thomas Couture du Musée Départemental de l'Oise, un chevalet sur lequel on aura placé le portrait de la Femme au ruban bleu, devant l'immense tableau de L’Enrôlement des volontaires.
 
La Femme au ruban bleu tableau de Thomas Couture
 
Cela faisait déjà un bon moment qu’elle regardait ce tableau : l’étude d’une tête de femme qui ne me paraissait pas justifier un examen aussi soutenu. Elle s’aperçut que je l’observais.
« – Je suis venue me voir… » me dit-elle naïvement.
 
En réalité, elle s’appelait Blanche Taupier. Mais elle avait pris un nom de guerre qui sonnait mieux : Hélène de Castellane. 
« – C’est moi, là, sur ce tableau. Et je suis aussi au Musée de Rennes, et dans deux ou trois salons de riches Américains. »
Elle devint rêveuse, inclina la tête, et se mit à ressembler tout à fait à son portrait.
« – L’Amérique… murmura-t-elle. J’aurais bien aimé voir l’Amérique… J’ai raté l’occasion. »
Elle vit mon étonnement et sourit. Elle avait des dents blanches et bien plantées, des dents solides qui avaient croqué les fortunes d’un vieux duc, d’un banquier et d’au moins deux princes russes.
« – Oui, c’est moi, la Femme au ruban bleu : le modèle de La Courtisane à la mode. »
Et pour me montrer que c’était bien elle, elle remonta ses cheveux et dégagea sa nuque à la peau très blanche.
 
Je connaissais ce tableau de Thomas Couture, un peintre tout à fait oublié en France mais dont les riches amateurs américains s’étaient arraché les œuvres. La Courtisane à la mode, je l'avais vue au Musée de Philadelphie : quatre hommes attelés comme des bêtes de somme à un chariot sur lequel est juchée une femme très dévêtue qui les cingle de son fouet, avec derrière elle une vieille mère maquerelle.
Elle rit :
« – Une garce, il a dit de moi, une belle garce… »
Elle fronça les sourcils :
« – Ou est-ce qu’il a dit une VRAIE garce ? »
Elle se tenait ainsi, la tête légèrement penchée sur le côté droit, regardant je ne sais quoi à ses pieds, plongée dans ses souvenirs. Jeune, elle avait dû être innocente, aussi innocente que peut l’être un volcan en éruption, une épidémie de choléra ou un tremblement de terre. Elle parut deviner mes pensées, me regarda bien en face.
« – Oui, je suis une courtisane, si on veut parler poliment. Une cocotte. Une lorette, si vous préférez, puisque vous êtes écrivain. Mais vous pouvez dire aussi une prostituée, moi, ça ne me gêne pas. »
 
Elle pirouetta sur ses talons, faisant froufrouter ses jupes, se planta devant l’esquisse de L’Enrôlement des volontaires.
« – Encore un tableau inachevé !… Pauvre petit Couture !… Combien n’en a-t-il pas laissé inachevés, de ses tableaux ! »
Elle me montra une place vide, au milieu du tableau.
« – C’est à cette place que tout a commencé. J’étais toute jeune, alors. Jeune comme la République, et aussi naïve qu’elle. Il me faisait poser pour la Liberté. Il voulait que la Liberté ait le visage d’une pure jeune fille. »
Il y eut un éclair de colère dans ses yeux.
« – Ils nous volent notre jeunesse, et après ils disent que nous sommes perverses ! »
Un peu embarrassé par cet éclat, je regardai la salle du musée, mais il n’y avait que nous.
 
Elle s’était tue. Pensive, elle regardait la place vide au milieu du tableau, là où le peintre avait effacé la Liberté. Commandé par la République, le tableau déplaisait à l’Empire. La Liberté devenue suspecte, le Surintendant des Beaux-Arts était entré dans l’atelier : « – Suspendez immédiatement l’exécution de ce tableau de démagogue », avait-il lancé au peintre mortifié. Couture avait posé pinceaux et palette. L’immense toile était restée roulée des années.
« – Vous y croyez encore, à cette fable ? » gloussa Blanche, ou Hélène. « – Si c’était vrai, on ne lui aurait pas donné à peindre ensuite le Baptême impérial, ni L’Empire s’appuyant sur l’Eglise et l’Armée pour supprimer l’anarchie (elle rit : tu parles d’un titre !), ni Le retour des troupes de la guerre de Crimée. »
Elle s’interrompit et chantonna un air d’Offenbach : « Ah ! que j’aime les militaires… »
« – S’il y a eu un peintre officiel du Second-Empire, c’était bien lui ! La vérité, c’est qu’il n’a jamais été fichu de le terminer, son Enrôlement des volontaires. Pas plus que son Baptême impérial, son Retour des troupes et son Empire qui s’appuie sur le sabre et le goupillon pour terrasser les partisans de la république. C’était comme ça avec le petit Couture : l’empire de l’inachèvement ! l’apothéose de l’incomplet !… Si je dis « le petit Couture », c’est parce que c’était un petit gros avec une grosse tête : « le plus grand peintre de l’époque », du haut de sa petite taille, dressé sur ses talons comme sur des ergots ! « Delacroix, Courbet, tous des barbouilleurs ! » Non, je suis méchante : la grosse tête, il ne l’avait qu’au physique. Au fond, il doutait de lui-même… »
 
Elle rit de ce petit rire de gorge qui devait faire monter des frissons dans les reins des hommes.
« – Allez, avouez que ça vous démange de savoir comment je l’ai si bien connu, le petit Couture, hein ? »
En revivant ces moments, elle avait repris toute sa gouaille de fleur de faubourg.
« – C’est à cause de mon pied. »
Tranquillement, elle souleva ses jupes, montrant son bas blanc et agita son pied, un joli pied, qu’elle avait gardé menu.
« – Il cherchait son pied partout. Lui, quand il dessinait une main, un pied, un bras, c’était un chef-d’œuvre de main, de pied ou de bras. Il n’y avait besoin de rien d’autre autour ; c’était bon à encadrer. Mais alors là, sur le choix du modèle, il était exigeant… Quel pied ? Mais pour sa Liberté, bien sûr ! Pour sa Liberté il lui fallait le BON pied. Alors il regardait les pieds des femmes autour de lui, au risque de se prendre un coup d’ombrelle sur la tête. Et il attendait, il attendait… Mais rien. « Je ne peux pas trouver mon pied à Paris », il disait, « leurs bottines leur abiment les pieds. Au diable leurs bottines ! » Et puis un jour que son modèle préféré avait préféré filer chez Delacroix qui était célèbre et lui pas encore, plus moyen de peindre ! Il envoie tous ses amis en chercher un autre. C’est son ami Murger qui m’a arrêtée dans la rue… Vous connaissez Murger et ses Scènes de la vie de Bohème ?… Eh bien, le peintre Marcel, c’est un peu Couture. La preuve, c’est que Marcel peignait depuis cinq ans son Passage de la Mer rouge, et le petit Couture peignait depuis trois ans ses Romains de la décadence. Et Marcel et Couture ne juraient que par le peintre Véronique…
« –Vous voulez dire Véronèse ? »
« – Oui, c’est ça. Je ne suis jamais allée à l’école », dit-elle avec simplicité. « Le petit Couture me disait toujours : « Quand on a des belles épaules comme les tiennes, on n’a pas besoin de savoir la grammaire. » Bref. En ce temps-là, le petit Couture menait la vie de bohème. Pour lui, la société se divisait en deux classes : les artistes, et les bourgeois. »
 
« – Quand il m’a dit que c’était pour poser nue, je me suis dit : pourquoi pas ? A un franc de l’heure, c’était plus que ce que je gagnais en cinq journées de couture ! Bien sûr, faire modèle, c’était pas une sinécure : « Tête plus à droite ! Jambe moins pliée ! Le bras gauche plus relevé ! Le droit plus en avant ! Pas comme ça, on dirait que tu veux te gratter le dos ! » Sans parler des sadiques comme Edgar Degas qui vous demandaient des positions impossibles à vous donner des crampes et qui vous disputaient si vous bougiez d’un poil !… Il faisait froid dans l’atelier du petit Couture. Il n’y avait que cette grande peinture, là, et quelques chaises. Il m’a demandé rudement ce que j’attendais ; j’ai commencé à me déshabiller, c’était la première fois que je le faisais devant plusieurs hommes à la fois, mais à peine j’étais en tenue d’Eve qu’il s’est mis à crier : « Mon pied ! J’ai trouvé mon pied ! » Il ne regardait que mon pied, je crois qu’il n’a même pas jeté un coup d’œil sur le reste. Il faisait admirer mon pied à Murger, à Schanne, à Tournachon, à Coignet, et moi j’étais vexée comme un pou. Et puis je suis passée de l’estrade du modèle à son lit… Vous savez, quand on est une pauvre fille, on ne joue pas les mijaurées… La Bohème ? Quelle Bohème ? C’est toujours la même vieille histoire de l’homme qui peut payer et de la femme qui subit. Rien de romantique là-dedans, alors, quand on peut trouver le moyen de s’en sortir… Il faut dire que j’étais UN PEU infidèle… Une fois, j’étais revenue auprès du petit Couture après avoir entièrement mangé la fortune d’un duc… »
 
Curieux, je l’interrompis :
« – Qu’est-ce qu’il était pour vous, Couture ? »
 
« – Mon cure-dents. Vous n’allez tout de même pas comparer un peintre, même à la mode, avec un duc ! » Elle rit. « Oh, ne vous inquiétez pas, il se consolait vite avec d’autres. Alice Ozy, vous savez : « Ozy noçant les mains pleines », celle qu’on appelait « le boursier avec des tétons » ? On est rentières toutes les deux maintenant. Mais Alice, elle a toujours eu une tirelire à la place du cœur. Et cet imbécile de Couture qui la regarde avec un air désespéré dans son tableau Le Souper à la Maison d’Or. Parce que c’est lui qui s’est représenté en Pierrot à la gueule de bois après une nuit d’orgie, en train de regarder une courtisane ivre morte affalée par terre. C’est Alice Ozy qui a posé… Comment je sais que c’est elle ?… A cause du bijou qu’elle porte au poignet gauche, tiens ! Tout Paris le connaissait, ce bijou ! Et il n’y a pas eu qu’elle ! Julia Barrucci, Anna Deslions, Adèle Courtois, Caroline Letessier, et j’en oublie. Il s’est beaucoup donné, le petit Couture, et il a beaucoup donné, bien au-dessus de ses moyens dans les deux cas… Vous ne pouvez pas savoir ce que ça coûte, les robes, les coiffures, le coupé, les chevaux, le cocher, la femme de chambre… Alors les fils volaient leurs pères, les pères se ruinaient chez les usuriers, les caissiers volaient dans la caisse, et le petit Couture peignait à tour de bras des Arlequins et des Pierrot au kilomètre pour les Américains. Paris, c’était un grand marché de chair humaine, oh, plus ou moins frelatée. Mais je ne veux pas me séparer du troupeau dont j’étais une brebis, non… »
 
Elle alla contempler son image d’un air critique, comme dans un miroir où elle aurait vu apparaître une ride insoupçonnée.
 
« – Et puis il a voulu faire une fin… Il a voulu se marier, quoi ! Dame ! il avait quarante ans. A son âge, il a épousé une petite qui n’en avait pas vingt ! Sûrement qu’il l’a choisie exprès en pensant qu’une oie blanche ne le tromperait pas comme nous autres. La pauvre, elle n’a pas dû s’amuser tous les jours ! Je les croisais rue La Bruyère, elle très digne, très petite bourgeoise pendue à son bras, et lui, sérieux comme un pape, qui faisait semblant de ne pas me connaître. Et il n’y avait pas que moi, il y avait aussi Alice Ozy, qui me disait : « Tiens, j’ai croisé le petit Couture avec sa nièce. » « Tu es bête, Alice. » Elle faisait exprès de le saluer, et elle voyait la petite qui se tordait le cou pour se retourner sur elle. Alice Ozy, c’était la plus connue des Grandes Horizontales… Ça me faisait même de la peine de le voir comme ça, si raide. Lui qui était si peu bourgeois. C’était un bourgeois malgré lui. Même décoré, il continuait de les vomir : si la société était corrompue, c’était la faute à l’esprit bourgeois, l’égoïsme, la cupidité et l’amour de l’or ! Et il nous associait à tout ça, nous, les pauvres petites brebis devenues des louves. »
 
« – Ça a dû finir par le gêner de nous croiser toujours dans le quartier. Est-ce qu’il avait peur que l’exemple des femmes de mauvaise vie déteigne sur sa petite agnelle blanche ? Un jour on ne l’a plus vu. Il avait quitté Paris pour aller s’enterrer dans un trou, dans l’Oise. Comment est-ce qu’on peut vivre ailleurs qu’à Paris, hein ? Il paraît que le gouvernement impérial et lui s’étaient fâchés, mais je n’y ai jamais cru. C’était dans sa grosse tête que ça se passait. »
 
Elle posa sa main sur le tableau, le gratta avec son ongle, regarda l’écaille de vernis sur son doigt d’un air songeur.
 
« – Moi, la Peinture, je n’y connais rien. Au début, lui, il répétait que l’art n’a rien à voir avec l’argent, qu’il ne faut accepter aucune concession. Et après, il s’est mis à peindre ses Arlequins et ses Pierrots pour les Américains, comme ce Pierrot où il s’était figuré, lui avec Alice, sur un papier peint industriel. C’est ça, la vie moderne, le papier peint industriel, les affiches, la photographie. Combien de fois ce tableau a-t-il été photographié ? Et mon image combien de fois multipliée ? Peut-être que la peinture maintenant, c’est bon pour les musées ? Qu’est-ce que vous en pensez, vous, monsieur ? »
 
« – … »
 
« – Et puis un jour, je le croise de nouveau rue La Bruyère. Il était seul.
« – Je te cherchais », il me dit, « j’ai besoin de toi ».
J’ai pensé que c’était du vague à l’âme, qu’il avait la nostalgie de ses années de Bohème, ou un petit coup de revenez-y.
« – Ça tombe mal, je suis amoureuse en ce moment. »
Mais lui, il a eu un geste d’agacement.
« – Ce n’est pas pour la bagatelle. Il faut que tu poses pour moi. »
C’est comme ça que je suis allée chez lui, dans son trou dans l’Oise, pour poser. Dans l’atelier, il y avait des jolies jeunes femmes, ses élèves américaines. Mais lui, il les ignorait. Entre sa femme et ses deux filles, ses belles élèves, il vivait au milieu d’un gynécée, et… rien ! De ne pas s’envoyer en l’air, je crois que ça lui portait sur le système. Alors il tyrannisait sa pauvre femme et ses deux filles. Il y en avait une qui était très douée pour la peinture, mais il n’a rien voulu savoir. Et moi, avec ou sans ruban bleu, je regardais ça, silencieuse et immobile. « Blanche, garde la pose ! » « Tu as bougé ! Tu as bougé ! Ce n’est plus ça ! » De colère, il jetait par terre sa palette et ses pinceaux… C’est après que j’ai compris. Comment, de la Liberté qui délivre des chaînes de l’oppression, j’étais devenue celle qui enchaîne : le modèle de La Courtisane à la mode qui attelle à son char indifféremment le soldat, l’étudiant, le bourgeois et le poète, et dont seul l’amour de l’or dirige la route hasardeuse. »
 
Elle eut un sourire d’animal carnassier.
 
« – Vous voulez connaître la cause de la guerre de 1870 et de la défaite contre les Prussiens ? C’est moi. C’est ce qu’il me disait. J’avais démoralisé la France. Enfin, pas moi toute seule. Nous toutes, qui avions attelé à notre chariot de luxure les braves militaires qui auraient dû défendre la France, détourné les fils de leurs devoirs, les pères de leur famille… Ce tableau-là, il l’a fini, le petit Couture. C’est tout de même drôle de vouloir à tout prix faire de la morale en peinture. Surtout quand on met soi-même la main dans la confiture… Il y avait autre chose qui n’allait pas chez lui, et qui l’a empêché de devenir tout à fait ce qu’il voulait être. Mais qu’est-ce que j’en sais, moi ? Je ne connais rien à la Peinture. Je viens seulement me voir de temps en temps. »
 
En regardant sans la voir La Femme au ruban bleu, je réfléchissais à tout ce qu’elle venait de me dire. Mais quand je levai de nouveau les yeux vers l’original, je m’aperçus que j’étais seul dans la salle du musée.

La Femme au ruban bleu appartient aux projets pour les musées, lectures ou performances avec Loin de Gaza, Loup "Bouéré" de Requesens, Oushebti, Le chef-d'oeuvre inconnu, L'Eléphant dans le Musée de la Porcelaine, Les quatre petites sirènes de l'Evêque Dodon, les Portraits imaginés.
 
 
 
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