www.michelberetti.net
Œuvres    
Djon bé sini don ?
("Qui connaît l'avenir ?" en langue bambara)

Une jeune femme malienne refuse le rôle d’épouse soumise et dépendante fixé par la tradition. Jouant tous les rôles de l’ex-futur mari et de l’ex-future belle-mère aux ex-futures belles-sœurs, elle refait le procès comique de la relation entre les hommes et les femmes de son pays.

Traitée de "toubab" par sa famille parce qu’elle a épousé un Blanc, voilà qu’elle est une Noire en France où elle s’aperçoit que sa couleur de peau la sépare de ses nouveaux concitoyens. Elle ne sera jamais tout à fait à la fois Noire ET Française.

Djon bê sini don ? (Qui connaît l’avenir ? en bambara) construit un double regard de l’Afrique sur l’Occident et de l’Occident sur l’Afrique. Jetant un regard faussement naïf sur les sociétés occidentales, son œil d’Africaine en dévoile les mensonges, le vieil imaginaire colonial et les mêmes clichés toujours présents dans les esprits. Elle découvre aussi que ce même imaginaire colonial imprègne encore ceux des Africains, toujours fascinés par le mirage de la "Farançi" ou se raidissant sur une identité factice qui essentialise "le Noir".

Le poids du passé fait peser sur elle et son mari blanc une "tragédie des peaux" qui ravive dans leur couple les blessures d’anciennes guerres oubliées. Si "les Noirs n’existent pas" et si sa couleur de peau continue à la ségréger, qui est-elle ? Le fils qu’elle porte sera-t-il Noir et Blanc ? Ou sa couleur de peau n’aura-t-elle plus d’importance ? Djon bê sini don ? parle de la nécessaire "déracialisation".
 
Alima Togola joue Don bê sini don? (création à Bamako)
 
jeu : Alima Togola
texte et mise en scène : Michel Beretti
création lumières : Yacouba Magassouba
bande son et vidéo : Mohamed Dayfour

création le 20 avril 2018 à l'Espace culturel BlonBa, Bamako, Mali

coproduction Blonba-Mali (direction : Alioune Ifra Ndiaye) / Théâtre de l'Arlequin - BlonBa-France (direction : Jean-Louis Sagot-Duvauroux)

Ecrivains Associés du Théâtre (Philippe Touzet, président), La Gare-Café littéraire (Birama Konaré)
 
Alima Togola jouant "Djon bé sini don ?" - avril 2018
 
 
À lire également
Entrent Mary Shelley et Casanova... (2018)
 
collage Philippe Macasdar
Philippe Macasdar, directeur du Théâtre Saint-Gervais (Genève) m'écrit (25 septembre 2017) : "Rencontres (dialogues ?) imaginaires. Une collection pour raconter une Genève faite d'écrivains y étant passés et pour certains installés, plus ou moins acceptés, plus ou moins inspirés, plus ou moins heureux; certains repartis ailleurs, pour y revenir ou plus jamais; d'autres enfin n'ayant pu y entrer, stopper net à la frontière... Genève est la patrie des écrivains. Paradoxale, rétive et poreuse, généreuse et ombrageuse. Genève qui se nourrit et qui nourrit. Terre d'accueil propice à la réflexion, à l'inspiration, à la création..."
 
Hunting the Blue Whale (2018)
 
Hunting the Blue Whale est un projet d'écriture numérique collective débouchant sur un spectacle théâtral pour plusieurs établissements scolaires. Il sera réalisé au cours de l'année scolaire 2018-9 à l'Ecole de Culture Général de Fribourg. Contact a été pris avec d'autres établissements scolaires en Suisse, en France et au Mali.
Alexandre Doucin - projet Govi
 
 
Auf dem Spuren Heinrich Barths (2018)
Maison de Heinrich Barth à Tombouctou
De 1849 à 1855, Heinrich Barth voyage en Afrique. Il séjourne plusieurs mois à Tombouctou entre septembre 1853 et mai 1854. Seuls deux Occidentaux étaient entrés avant lui dans cette ville interdite aux Chrétiens sous peine de mort : René Caillié avait visité Tombouctou vingt ans plus tôt, en 1829 ; juste avant lui, le major Alexander Gordon Laing l’avait précédé, mais il avait été assassiné après son départ de la ville, et ses observations sont à jamais perdues. Tombouctou est toujours entourée d’une aura de mystère. A Tombouctou et dans la région de la boucle du Niger, Barth découvre des manuscrits qui sont pour lui une véritable révélation : contrairement à ses contemporains, Barth pense que l’Afrique a une Histoire. Il traite cette Histoire comme les historiens de son époque traitent celle de l’Europe. En Occident, c’est une pensée pionnière ; Barth fait un premier pas vers une Histoire mondiale composée d’histoires différentes aux interactions multiples.