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Œuvres    
Loin de Gaza

Loin de Gaza parle, par le biais d’un dialogue fictif dont le sujet est une peinture du 18e siècle, du visible et de l’invisible, de ce que nous voyons et de ce que nous ne voyons pas.

Le tableau de Jacques André Joseph Aved (1702-1766) représentant la comédienne Jeanne Marie Dupré (1705-1767) jouant au Théâtre-Français le rôle de Didon à l’instant de son suicide (Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, Didon, Acte V, Scène IV), la plupart du temps invisible pour le public, est entreposé dans la réserve d’un musée, à l’exception de prêts ou d’expositions temporaires.
Ce tableau de 1m30 sur 1m01, protégé par une feuille de papier bulles translucide, fait face, debout et sans cadre, à la porte de la réserve, une petite pièce au rez-de-chaussée du Musée de la Crèche, annexe du Musée d’Art et d’Histoire de Chaumont-en-Champagne (Haute-Marne), installé dans un hôtel particulier, rue des frères Mistarlet.

Loin de Gaza : dans une salle de musée, de préférence vide et sans œuvre, un homme parle au téléphone avec une correspondante lointaine, une femme palestinienne de Gaza qui lui a demandé de décrire ce tableau qu’on ne voit pas.

La qualité de la communication, rediffusée juste pour qu’elle soit audible par le public, n’est pas toujours très bonne.
La présence physique de l’homme n’est pas non plus indispensable. Le dialogue peut faire l’objet d’un enregistrement diffusé dans une salle du musée, dans lequel les deux plans sont distingués dans la profondeur sonore.
A la fin du dialogue, est projetée une vidéo de 23 secondes montrant le dévoilement du tableau.

Loin de Gaza a été présenté pour la première fois le 12 novembre 2014 au Musée d’Art et d’Histoire de Chaumont-en-Champagne dans le cadre de « L’Eté en Automne » organisé par le Facteur-Théâtre de Didier Lelong, par Douce Mirabaud (Leila) et Michel Beretti, puis lors de la Nuit des Musées 2015 avec Michèle Laurence.
Technique son et vidéo : Jean-Claude Prosper, Freddy Douhard (Théâtre du Nouveau Relax, direction Philippe Cumer).
Remerciements à Raphaëlle Carreau, conservatrice du Musée, qui a ouvert ses collections et a mis son érudition au service des auteurs en résidence, à Chantal, Didier et Thierry, gardiens du musée, ainsi qu’à Barra’a Mohamed à Gaza et à Jean-Pierre Thiercelin pour sa complicité.

– …
– On a été coupés… Non, on ne peut pas la voir. Elle reste dans une petite pièce sans fenêtre. L’obscurité de cette petite pièce la préserve de l’ardeur du soleil qui abîmerait la pâleur de son teint. Elle doit rester dans la pénombre. Personne ne lui rend visite ; personne ne la voit. Elle attend…
– Comme moi.
– … comme en réserve du monde extérieur. Quand on ouvre la porte de cette petite pièce dans laquelle elle se tient enfermée, on ne la voit pas tout de suite.
– Comment tu as pu la voir, alors ? Comment tu as pu savoir qu’elle t’attendait ?
– Je ne savais pas qu’elle était là. J’ai juste demandé ce qu’il y avait dans cette petite pièce, derrière la porte fermée à clé…
– Elle est enfermée ?
– Evidemment.
– Comme moi.
– Tu ne peux pas comparer. Je n’aurais pas su qu’elle était là si je n’avais pas été curieux. Le gardien m’a ouvert ; un néon s’est allumé, et j’ai vu ses yeux à travers le voile qui la cache.
– Elle porte aussi un voile ?
 

شحوب بشرتها . يجب عليها ان تبقي في العتمة. لا احد يزورها لا احد يراها . هي تنتظر .
 
 مثلي انا . -
احتياطا من العالم الخارجي . عندما نفتح باب الحجرة التى تبقى منعزلة بداخلها , لا نراها فى الحال .
. كيف استطعت رويتها يا ترى ؟ كيف استطعت ان تعرف بانها كا نت تنتظرك ؟ -
 
 لم اكن اعرف بانها كانت هنا . لقد سألتها فقط ماذا كان يوجد في هذه الحجرة الصغيرة ذات الباب المغلق بالمفتاح.    -
 
- هل هى منعزلة (منغلقة ).
- حتما.
- مثلي .
 
لا تستطيع ان تقارن . قد لم اكن اعرف انها كانت هنا  لو لم اكن فضولي .
الحارس فتح لي , واذ بمصباح يشتعل , ورأبت عيناها من خلال الحجاب الذي يخبؤها.
 
- هل ترتدي حجاب ؟
 
- حماية .
- هذا ما نقوله دائما . حماية من نظرة الرجال . وانت , اعرفك, انت اردت ان تخلع الحجاب . ماذا تترتدي تحت الحجاب ؟
 - في اليد اليسرى , تكشف عن نهد عارٍ.
-  اني اكررهها , طريقتك الخبيثة في اجبار زوجاتك بعرض اجسادهن ,   كقطعة لحم رخيصة في يد جزار.                                     
وباليمنى , ماذا تفعل ؟
...
 
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